Jean-C1air AIGNAN (Abbé Germain NINANE)
Un coup dœil de synthèse sur l'étrange HISTOIRE d'une très ancienne FAMILLE : LES TASIAU(X)... TASIA
PREAMBULE
Cette étude n'a nullement la prétention d'être exhaustive du sujet; elle veut seulement tracer les grandes lignes de l'histoire de cette immense famille très ancienne et très répandue. Appel est fait à un jeune et vrai historien-généalogiste qui voudrait relever et étudier plus scientifiquement 1e contenu de nombreux mètres carrés d'archives pleines d'étonnantes surprises. Qu'il me soit permis d'évoquer un nom : Georges Gérard, qui avait commencé à s'y atteler avec une passion et une discipline scientifique absolument remarquables. Bien dommage qu'il soit décédé prématurément après avoir bien débroussaillé le terrain. Et il avait un cœur si généreux pour allumer des lumières à qui le lui demandait. Votre serviteur lui est profondément reconnaissant pour en avoir reçu des notes intéressantes, livrées de si bon cœur, avec une délicieuse note d'humour. Et il était toujours si délicatement respectueux de la personne humaine quelle qu'elle fût. C'est à sa mémoire impérissable que je dédie ces quelques lignes. C'est à lui qu'elles lui doivent ce qu'elles contiennent de valable. J.-C. Aignan - Juin 1979. chascun son propre seals à ces lettres avec le sceal de la prevosteil dessurdite ... fait ... ". Notons en passant que le Wilheame de Corioule est un personnage avec sceau. En 1388, est cité à Yvoir un "Wéry de Corioule" (ou... Thiery !). Il est probablement le frère d'un Jean de Ruwchial, lui-même homme de fief. Ce Wéry de Corioule eut deux enfants : 1. Une fille Marie de Corioule au titre de qui son mari Wauthier de Gendron releva le fief d'Oir le 18 juin 1388. 2. Un fils : N(...) de Corioule, de qui on ne sait rien, sinon qu'il fut le frère d'un " Williame" de Corioule ", De qui : Williame de Corioule, homme de fief en 1471, épousa Marie Hellin, de qui : trois enfants : 1. Marie de Corioule qui x un de Warnant ; 2. Olivier de C., qui eut deux filles ; 3. Wilmet de Corioule qui épousa Marie de Seron (c. 1478). De ce dernier couple, deux fils connus : - Jehan de Corioule qui devint chanoine à Sclayn ; - François (I) de Corioule qui épousa Jeanne Mathys (3). Ce François de Corioule eut trois fils qui continuèrent le nom " de Corioule " pendant trois générations, mais en dehors de notre Corioule, près d'Assesse. Là, une branche " de Corioule " avait persisté, greffée au même tronc principal, mais il reste difficile de l'y accrocher avec précision de date. Est-ce peut-être la descendance de Jean de Ruwchial, homme de fief, frère de Wéry de Corioule... ?
(1) Selon Grob, Cartul. de St-Malmédy, p. 561. (2) In Cart. St-Malmédy de H.-Rol., pp. 223-224. (3) Nous tenons ces précisions de l'amabilité de P.-E. Dapsens, d'Yvoir qui est apparenté avec cette ancienne famille.
TABLE
Ch. I - AVANT LES TAZEAU : LES "DE CORIOULE". § 1. - Quelques " de Corioule ", connus avant 1e XVIe s. § 2. Les " de Corioule ", antécédents directs des Taseau, à partir du début du XVIe ". Ch. II - LES DEUX-PREMIERES GENERATIONS TASEAU. § 1. - La première génération des Taseau-de Corioule. § 2. - La deuxième génération Taseau-de Corioule. Ch. III. - LA DESCENDANCE DES FILS DE ROBERT (I) TAZEAU. § 1. - Descendance de Jean Tazeau (en bref). § 2. - Descendance de Robert (II) Taseau x Barbe de Longueville.
1) Robert (III) Tazeau x (av. 1635) Marie de Longueville. 2) Robert Tésiaux x (1677) Anne 1e Bourguignon. 3) Henri Tassya x (1749) Marg. De Troz ; et quelques suivants.
CHAPITRE PREMIER
Avant les Taseau : les "de Corioule"
§ 1. - Quelques "de Corioule" connus avant le XVIe siècle A notre connaissance, un des premiers connus est cité (1) dans la " Vaillissance de la terre de Poylvache escrite en l'an 1309... " rédigée en la mairie d'Assesse (n° 26, ibid.) : "... pour le cens qu'ENGOIOALZ de CORIOLES tient en vaige pour fiès tor... 73 s... ". Par un acte du 21 septembre 1340 (2), Henry de Purnode, châtelain et prévôt de Poilvache, fait connaître une sentence arbitrale rendue au sujet des droits d'aisance et de pâturage que réclamaient les manants de Schaltin, dans un pré appartenant à l'abbaye de Stavelot : " ... les arbitres arbitratoures ou amiables compositeures... " à savoir Wilheame de Corioulle et Henrion de Purnodes (frère du prévôt du " chasteal de Poilvache ") rendent sentence : "avons mis
§ 2. - Les " de Corioule ", antécédents directs des " Taseau ". On connaît mieux cette branche restée fixée à la grosse ferme féodale de Corioule, à partir de la fin du XlVe siècle et dont nous connaissons la succession. Il est très probable que c'est le dénommé Jehan Ruwehial qui fut l'ancêtre de " nos " de Corioule, ancêtres sûrement connus des TAZEAU, TASEAU, etc. 1. Toujours est-il qu'un JEHAN de CORIOULE, dit l'" HOSTE DE CORIOULE " ou le " monnoyeur " fut censier de Corioue (Assesse) et monnayeur de Poilvache. Il est échevin, en 1410, de la Haute-Cour de Rendarche qui comprenait les localités d'Assesse, Maillen, Courrière, Jassogne et Sorinnes (1). Cité pour la dernière lois en 1439. Est-ce lui, ... ou plutôt un de ses fils, qui, en 1447, émancipa officiellement sa fille à laquelle il remit une bourse symbolique et de laquelle il fut requis d'" être prouvée en eage selon la loy... et de mise hors pain " pour assurer la validité d'un contrat translatif de propriété. 2. Un fils certain de Jehan de Corioule est Jakemin de Corioule, cité comme censier de Corioule et monnayeur de Poilvache, de 1426 à 1448. Il fut échevin d'Assesse en 1426, puis mayeur en 1436. 3. Dont Jacques de Corioule, cité le 9-8-1478 (2). Dont qui suit : 4. Henri-Eustache de Corioule, cité d'abord en 1504. Ici intervint une mutation importante qui sera vite définitive : son deuxième prénom de baptême se transforme, par cajo-
lerie affective de l'entourage sans doute, en " TASEAU ". A partir de 1508, notre personnage devient : HENRI TASEAU De CORIOULE. Et le deuxième prénom s'est mué en patronyme à jamais ! Notre Henri Taseau devint lui aussi échevin de Gesves, cité pour la dernière fois en 1527. Ses enfants, 2 garçons, s'appelleront encore T. de Corioule, pour désormais s'appeler simplement Taseau ou Tazeau (ou etc.).
(1) A. R. Ch. des Comptes - Compte des Domaines, Poilvache (14381439). (2) Cour de Feix, n° 40, fol. 15 (A.E.N.).
CHAPITRE DEUXIEME
La première génération Taseau-de Corioule
§ 1. - Là première génération des Taseau-de Corioule Du premier Taseau, Henri, on connaît deux enfants : 1. Jeanne TASEAU de Corioule qui épousa, vers 1515, Mathieu de HOUTE (1). Ainsi donc voilà ces terriens confortables alliés, dès le XVe s., aux " de Houtte " (actuellement les barons Houtart). Ils étaient " gens de lignage ", spécialité du pays de Ciney. Les gens de lignage étaient les descendants de femmes nobles et, pendant sept générations, ils étaient exempts de taxes, comme les nobles, à la condition de ne pas " déroger ". On dérogeait quand on cultivait une terre prise en location. On ne dérogeait pas quand on cultivait " sa " terre. 2. Le deuxième enfant (connu) est Collin TASEAU de Corioule, né en 1491. Il fut " censier " de Corioule. Echevin de Wavremont de 1535 à 1541. Echevin, puis mayeur de la Haute Cour de Rendarche de 1534 à 1558. Il épousa Jeanne de Rocq de Vehier, née vers 1498, fille de Simon Rocq, seigneur de Vehier et d'Agnès de Tellin (2). Notre Collin TAZEAU de Corioule eut de sa femme qua-tre enfants, parmi lesquels deux fils : 1° Collin TAZEAU qui épousa Anne de Flostoy. Sans descendance. 2° Robert TAZEAU qui, baptisé à Assesse en 1535, se maria la première fois avec Françoise de Flostoy vers 1560.
Mais qui sont ces deux demoiselles " de Flostoy " ?
- ANNE, l'épouse de Collin Tazeau, était fille du premier mariage de LAMBERT de Namur-Flostoy qui avait épousé Jeanne de Favilhon, de Modave. - FRANÇOISE de Flostoy, l'épouse de Lambert Tazeau, était issue du deuxième mariage dudit Lambert de NAMURFlostoy avec Françoise Delle Tour, fille de Mathieu Delle Tour, seigneur d'Atrin, et de Françoise de Bois (3). A rappeler que ce Lambert de Namur était fils de Henri de Namur-Flostoy et d'Isabeau de Pailhe, ce dernier étant un bâtard de Henri de Namur († en 1548), donc arrière-...arrière petit-fils du dernier comte de Namur, Jean III de Namur qui vendit son comté et ses derniers biens personnels, en 1421, à Philippe de Bourgogne et décéda en 1429 sans enfant légitime... D'où la présence d'un peu de sang comtal et donc... de Charlemagne, selon la Grande Histoire, en tous les descendants de notre Robert TAZEAU, époux de Françoise de Flostoy, puisque Collin-Tazeau n'eut pas de descendance.
(1) Cf. Annuaire de la Noblesse belge, 1921 TI. - Poilvache, Enquêtes (A.E.N.). (2) Réf. : Cour de Wavremont. Parchemin (A.E.N.) - Arch. de la Prévôté de Poilvache. Chartrier du Chapitre N.-D. - Cons. privé espagnol. Liasse 1337. (A.R.) - Obituaire d'Assesse (presbytère). Cour de Wavremont. Transport et Plaids. N° 1. (A.E.N.). (3) Arch. gén. du Royaume, Cons. pr. Esp., Liasse 1337, p. E. 3.
(1) Pour mémoire seulement, notons brièvement quelques prêtres de la même famille. Du XVIIIe s. : né en 1702 à Jambes, un Jean-François Tasiaux, relig. à Géronsart, cité comme scripteur de cours au Séminaire de Namur ; un Noël Taziaux est marguillier à Ohey en 1691, après avoir été chapelain de Genneville. Un Antoine Tasiaux, prêtre non approuvé, réside à Masbourg en 1804, alors âgé de 40 ans.
§ II. - La descendance de Robert (Ile) Tazeau Né et Assesse en 1570 († entre 1647 et 1650), Robert (II) TAZEAU épousa Barbe de Longueville (nièce de Jeanne de Longueville qui fut deuxième épouse de Robert I T.) ; elle était fille d'Antoine de Longueville et de Jehenne Delle Haye. Nous devons bien, dans le cadre de cet article, nous limiter à ne citer ordinairement qu'un nom de descendant par génération. 1) De son premier mariage : 7 enfants, dont Robert (III) TAZEAU, né à Assesse vers 1600. On le voit installé à Tohogne dès 1624. Il y épouse, avant 1635, Marie de Longueville, née à Tohogne en novembre 1611 (y décédée en 1699), fille de Henri de Longueville et d'Antoinette de Verderenne-de Presseux, petite-fille d'un cousin germain de la mère de son mari Robert T. 2) De ce ménage R. (III) Tazeau x Marie de Longueville ; huit enfants, dont Robert TESIAUX. Né à Tohogne le 10-121644, il épousa le 8 août 1677, Anne le Bourguignon, née à Tohogne en 1646 et morte à Maffe le 16 août 1731. - Dont sept enfants parmi lesquels : 3) Henry TASSYA (sic !) qui épousa Marguerite DE TROZ († le 7-4-1749). Cette dernière avait un frère Pierre-Jh issu comme elle de Pierre De Troz, descendant à la 7e génération et en ligne masculine de Warnand De Troz (cité 1484 1526), ce dernier étant donc contemporain de Jacques de Corioule (1478), le père d'Henri Eustache de Corioule, celui qui fut le premier à s'appeler TASEAU. Ainsi se réalise avec Henry Tassya x Marguerite De Troz une rencontre de familles très anciennes entre lesquelles va commencer une série impressionnante d'alliances. Mais ceci déborderait trop de notre point de vue... Or Marguerite De Troz (alias : de Tro, Detros, Detroux) eut six entants. Remarquons aussi que cette descendance nombreuse transforma l'assonnance " eau(x) " en " ia ". 1l y avait déjà loin... à pied d'Assesse à la région de Tohogne et les gens de Tohogne ont wallonisé en une assonnance plus claire. Il y a pas loin de Huy, aux terminaisons en " ia ", comme en " tchès-tia, pontia ", etc., tandis que les héritiers petits-cousins de la région d'Assesse ont continué leur finale " eau ", " iaux ", etc., d'autant plus que, petit à petit, on a perdu jusqu'à la connaissance même de la parenté, celleci s'éloignant toujours... Les actuels descendants du même Robert TAZEAU de Corioule x Françoise de Flostoy ne se connaissent même plus du tout comme cousins - même éloignés. " Tempus edax rerum"... Le temps mange tout... Parmi les six enfants de Henry TASSYA-DE TROZ, épinglons seulement les deux qui sont les plus intéressants au point de vue de la persistance du nom, et du sang car il y eut une fille qui épousa un Ninane dont des filles épousèrent des Tasia. Ces Ninane sont depuis le XVIe s. dans la région, venant de la région de " En'ynaine ", près de Beaufays. 1) Le deuxième enfant de Henry TASSYA-de Troz est Marie-Joseph TASSIA, née à Tohogne en 1721. Elle épousa le 26 novembre 1747, Lénoard-Joseph Ninane, né à Tohogne le 15-12-1719. Dont six fils qui sont les ancêtres de la plupart des Ninane de la région circonvoisine. 2) Le 5e enfant, Jean-Joseph TESSIA, né à Tohogne le 1912-1732. En 1752, il épouse, à Ocquier, Marie-Françoise de Troz, née à Ocquier en 1722. Dont cinq enfants parmi lesquels deux garçons : a) Henri-Joseph TASIA, l'aîné, née en 1752, qui épousa, en 1788, Anne-Marie Marthoz ;
b) Léonard-Jh TASIA, cinquième enfant né en 1765, qui se maria avec Barbe-Jh Bontemps. Or, des enfants du ci-dessus nommé Henri-Jh Tasia x Marthoz : 1) Marie-Thérèse THESSIAS (sic), née en 1792, épouse en 1813 un petit-fils du foyer Léonard-Jh Ninane x MarieJh THESIA : Henri-Jh Ninane, et fils de Henri-Jh Ninane x Magis. 2) Sa sœur, Marie-Catherine THESIA (sic), née an VI (de la R. Fr.), épouse en 1816, aussi son cousin sous-germain, frère du susdit Henri-Jh Ninane : Charles-Jh Ninane, donc mariage entre cousins sous-germains. Le frère des deux filles ci-dessus, Antoine-Jh TASIA (né en 1796) épousa Marie-Françoise Ninane, fille de Michel Ninane-Halet et petite-fille des ancêtres Léonard-NinaneThésia. Dans la suite, en moins de trois-quarts de siècle, il y eut à Tohogne cinq alliances Ninane-Tasia et six Tasia-Ninane, tous avec une très nombreuse descendance.
CHAPITRE TROISIEME
La descendance de Robert (I) Tazeau
De son premier mariage, donc avec Françoise de Flostoy, vers 1560, naquirent 5 enfants parmi lesquels deux fils : 1. Jean TAZEAU, l'ancêtre des TAZIAUX, dit " de Masbourg ". 2. Robert TAZEAU (II), né à Assesse en 1570, et y décédé entre 1647 et 1650. Du second mariage de Robert I Tazeau avec Jeanne de Longueville, fille de Jean de Longueville et veuve de Jean de Romont, il n'y eut pas de descendance connue. C'est aux deux fils de Robert I T. que remontent tous les Tazeaux-Tasiaux, etc., et aussi ceux à terminaison " a ". Pour en donner toute la descendance, il faudrait un tableau gigantesque. Pour clarté et concision, il faut donc examiner sommairement et séparément les deux descendances, celle de Jean Tazeau et celle de Robert II Tazeau. Il faut se limiter à une espèce d'échantillonnage. § 1. - Descendance de Jean Tazeau Restée fort riche, la descendance de ce dernier nommé s'écrit actuellement : TAZIAUX (avec Z) le plus souvent, avec variantes : TASIAUX. Primitivement et assez longtemps, beaucoup de membres de cette famille furent seigneurs de Masbourg et leur descendance féminine s'est alliée pendant longtemps à de nombreuses familles de la noblesse belge. On ne peut détailler... Voici, en élaguant beaucoup, une ligne directe sommaire, les premières générations en ligne directe : - Nicolas Tazeau, dit Ciplet, x Isabeau le Fèfve. - Mathieu T. x Anne d'Havelange. - Nicolas Tazeau (... parfois écrit Tassia) qui épousa Anne de Liboy de Terwagne. Ce dernier eut trois enfants : . 1. Laurent TAZIAUX († en 1775) fut greffier de Bonsin; il épousa Elisabeth Gobbar. Cette dernière était apparentée au fameux abbé Gobbar, de Maffe-en-Condroz, chanoine, archidiacre et ensuite évêque suffrageant d'Olmetz, en Moravie, au titre de Migare et fondateur, en 1662, de trois bourses d'étude en faveur de ses parents ; beaucoup d'aspirants au sacerdoce du nom de Taziaux, Tasiaux... ont fait leurs études comme boursiers de cette fondation Gobbar. 2. Le second fils est François Taziaux (écrit parfois Tassia), seigneur de Masbourg en partie, qui épousa M.Thérèse Guillaume de Montfort. 3. Le dernier connu est Mathieu T., curé de Flostoy, en 1718, y décédé en 1767. Il avait été boursier Gobbar. Le fils du premier Laurent T., appelé aussi Laurent Taziaux, fut seigneur de Masbourg (c. 1724 an VII). Des enfants de François T. (ci-dessus c. de 1689 à 1763), on connaît Marie-Françoise Taziaux et l'abbé Joseph Mathieu T., cité comme aspirant au sacerdoce en 1745 à Nassogne. Il y eut à Masbourg, le 7 octobre 1750, mariage entre les deux cousins germains : Laurent Taziaux et MarieFrançoise Taziaux. Une fille de ce mariage épousa J.B. Limet, dont descendance nombreuse répandue en Flandre comme en Wallonie. Un fils de ce mariage fut Mathieu Tasiaux qui, né en 1754, devint curé à Baronville, puis doyen de Beauraing en 1810 où il est décédé en 1834 après 47 ans de pastorat. Cet élémentaire coup d'œil sur ce qui est devenu une nombreuse tribu est loin d'évoquer tous les descendants de Jean Taseau. En plus des prêtres cités déjà, on pourrait encore en citer quatre autres avant notre siècle (1). Pour mémoire plus fraîche : un abbé Tasiaux qui fut longtemps curé à Yvoir et le chanoine Maxime Tasiaux, toujours actuellement doyen de la cathédrale de Namur.
POSTFACE de SYNTHESE
Les Tasiau (x), Tasia sont, avec les de Troz, Detroz (etc.) et les Ninane, en bonne part responsables du peuplement de nos régions Condroz, Ourthe, Néblon et Aisne. C'est aussi chose curieuse d'assister... historiquement à la rencontre de ces trois grandes familles. Les TAZIAUX de Corioule et la descendance ont peuplé le Condroz autour d'Assesse, puis la Famenne masbourgeoise et à l'entour bien lointainement. La puissante famille DETROZ (de Troz, Detroux, Dutroux, etc.) fut puissamment imbriquée avec celle des Tazeau-Tasia. Tous descendent de trois branches principales citées fin XVIe s. et début XVIIe : 1) celle de Baudouin de Traux (br noble de Wardin) ; 2) celle de Martin de Troz x Marie de Verlaine, ancêtres au 3e degré de notre Marguerite De Troz, épouse de Henri Tassya (sic), dont six enfants ; 3) celle de Jean de Troz, ancêtre de la branche dite de Barvaux s/O. Ces trois grands ancêtres sont fils de Baudouin de Troz qui avait épousé précisément Jeanne de TASSIA (sic) et mourut avant 1633. Ce dernier nommé était petit-fils de Jean De Troz et de Jeanne de Longueville, et arrière petitfils du premier connu : Warnand De Troz qui avait épousé Pétronille De Wez (cité entre 1484 et 1526). Moins notable et sans le petit " de " préalable, la famille terrienne des Ninane (Ninanne) est venue, à partir de la fin XVIe s. pour des raisons économiques, de la région de Ninane-lez-Beaufays vers Comblain s/O., puis dans la région de Jenneret et Tohogne. Or, chose curieuse, cette migration se fit à peu près en même temps que les Tazeau ont été attirés... par la grâce des " demoiselle de Longueville ", petite et ancienne seigneurie. C'est ce déplacement des Tazeau du Condroz cinacien vers la région de Tohogne qui a causé assez rapidement la transformation de leur nom par le changement de la finale " eau -aux " et " ia ", sous l'influence du parler local. Toutes ces familles, imbriquées solidement les unes aux autres, ont joué un rôle important dans la vie économique, mais aussi dans la vie civile et religieuse. Elles ont encore, généralement du moins, l'esprit de famille très vivace et indescriptible. C'est ce qui explique l'éclosion en leur sein de très nombreuses vocations sacerdotales et religieuses... jusqu'à présent... Comme le dit un proverbe ancien : " On ne change pas le sang en eau ". Jean-Clair AYGNAN (Abbé Germain NINANE), descendant des trois familles Tasia, Detroz et Ninane - Article rédactionnel paru dans le journal publicitaire “Le Messager du Condroz” du 20 juillet 1979.